BOUAFLE / FÊTE DE L’INDEPENDANCE : Le sous-préfet de N’DOUFFOUKANKRO KOUAME ROGER aux populations : « l’opération de délimitation des territoires des villages est en souffrance

Célébration
Typography

La 59e fête d'indépendance de la Côte d'Ivoire a été célébrée dans la sous-préfecture de N'DOUFFOUKANKRO au  village de N’DENOUKRO. Officiée par KOUAME KOUASSI ROGER, sous-préfet, les corps sociaux et d'activité ont

obéi au rituel du traditionnel défilé.

 Le représentant du chef de l 'Etat, le sous-préfet, bien avant le cérémonial défilé a déclaré aux  populations que l’opération de délimitation des territoires des villages est en souffrance et les a exhorté à démanteler  les réseaux des voleurs et receleurs, de montreurs de fétiches aux femmes et leurs complices. A l'entame de son adresse, il a rappelé les avancées politiques, économiques et sociales observées tant au niveau national que local. Au niveau local, l'autorité a indiqué que les questions se rapportant à l'école, à l'état civil, au foncier rural, et aux conflits agriculteurs-éleveurs constituent des pesanteurs et même des freins au développement et à la cohésion sociale. Pour cela, elle a exhorté les parents à la scolarisation totale des jeunes filles, à la déclaration tous les événements (naissances, mariages et décès) à l'Etat-civil. En ce qui concerne les conflits fonciers, le sous-préfet a regretté qu'ils soient encore fréquents dans la circonscription administrative et mettent en péril la paix et la cohésion sociale. Il a informé que le gouvernement a mis en place des dispositions réglementaires en la matière qu'il fait fort d'appliquer. Parlant du vivre-ensemble, M. KOUAME KOUASSI ROGER a félicité les populations pour leurs efforts consentis en vue du maintien de la paix et du renforcement de la coexistence pacifique, il les a appelées à l'engagement afin de se tenir la main, pour "bâtir des ponts de rapprochement plutôt que des murs de méfiance et de divisions". « Je voudrais inviter tous les habitants de la sous-préfecture de N’DOUFFOUKANKRO, quels que soient leurs conditions sociales, leur appartenance politique, leur conviction religieuse, leur pays d'origine à entretenir le climat de paix, en vivant en frère, en communion de cœur et d'esprit afin que nous puissions réussir notre mission qui est d' apporter notre modeste contribution à l'œuvre de réconciliation et reconstruction » , a-t-il exhorté toutes les bonnes volontés d'ici et d'ailleurs, qui, par leurs efforts, leur solidarité, leur générosité ont donné fière allure à cette cité et rendu possible les festivités ce jour. Veuillez agréer, chers parents, l'expression renouvelée de ma profonde gratitude et mon infinie reconnaissance pour votre prévenance. Mesdames, messieurs, honorables invités, La célébration de l'Indépendance est, par ailleurs, une occasion indiquée pour faire preuve d'humilité, de sagesse afin de contenir nos égos, oublier nos rancœurs et amertumes, absoudre nos éventuelles mésententes et mettre ainsi notre leadership au service des idéaux de fraternité, d'entente et de convivialité. A un moment aussi important de rassemblement, où le pays appelle au sens du civisme et du patriotisme, je voudrais exhorter les filles et fils de l'AYAOU à l'introspection et à la responsabilité. Mesdames, messieurs, honorables invités, Comme de coutume, à la veille de la cérémonie commémorative de l'accession de notre pays à l'indépendance, le chef de l'Etat, son excellence Alassane Ouattara, Président de la République a adressé un message à l'attention des ivoiriens et des habitants de la Côte d'Ivoire. Il importe à tous de se l'approprier afin de sauvegarder la paix, consolider la réconciliation nationale et poursuivre notre marche vers l'émergence. Mesdames, messieurs, honorables invités, Pour cette édition, je voudrais réserver l'étape de mon intervention consacrée à la gestion des affaires de notre circonscription, d'août 2018 à ce jour, pour partager avec vous certaines préoccupations pressantes qui mettent au défi notre niveau de conscience, notre intelligence et notre capacité à les résoudre. Ce sont : D'abord, la sécurité des personnes et des biens : Elle nécessite la création de services en charge de l'élevage, de l'agriculture, d'un poste avancé de la gendarmerie, etc., que nous appelons de tous nos vœux par la mise à disposition au chef-lieu de sous-préfecture de bâtiments pour servir de bureaux. Leur effectivité permettra de : - Encadrer les éleveurs, éviter des destructions par des bestiaux, de récoltes, cultures ou plants faits de mais d'hommes et ainsi réduire les conflits agriculteurs-éleveurs ; - Rafraichir les limites de parcelles litigieuses, identifier la propriété agraire et donc éviter les conflits fonciers ; - Démanteler les réseaux de voleurs et receleurs de tout acabit, de « montreurs de fétiches aux femmes » et en tout état de cause, je voudrais nous engager à nous servir de la cartographie élaborée par l'ABV, à emprunter, au besoin, la voix du compromis, afin de lever les obstacles, donner un coup d'accélérateur et de ce fait parvenir à des résultats probants. Cette engagement tient lieu de décision, car, en vérité, la réussite de l'opération permettra de sécuriser les terres, mettre fin aux conflits fonciers et bénéficier d'investissements en infrastructures.

NDOUFFOUKANKRO 1Puis, la structure de la chefferie : Elle a mise à nu ses lacunes dans ses organisations et fonctionnements. Le regroupement de villages-quartiers sur un même site engendre dorénavant des rapports de forces entre chefs, des conflits de succession en raison du jeu des intérêts. Le temps est peut-être venu pour nous de mener une réflexion sur la réforme de nos structures traditionnelles en les mettant en adéquation avec les exigences de notre époque qui prône les principes de la démocratie et des droits de l'homme. Quoi qu'il en soit, je voudrais vous convier aux débats relatifs à la gestion participative, inclusive des affaires du village, à la chefferie tournante et à la limitation du mandat des chefs à dix (10) années par exemple, au maintien du leurs complices prétendus guérisseurs des envoutements et maladies qui en découlent. Mesdames, messieurs, honorables invités, En attendant l'ouverture de ces administrations, je voudrais inciter les populations à aider à mettre hors d'état de nuire ces individus malfaisants qui, de jour comme de nuit, entretiennent la peur et troublent notre quiétude. Ils vivent quotidiennement avec nous, appartiennent à nos familles, donc sont connus. Organisons nous et dénonçons-les pour nous déculpabiliser de leurs pratiques d'une autre époque et qui constituent des infractions au regard du code pénal, car en vérité, notre passivité, notre indifférence et notre inaction faces à ces fléaux font de nous des complices. Ensuite, l'opération de délimitation des territoires des villages : Elle est en souffrance depuis son lancement en raison du manque de moyens et de compétences, des intérêts inavoués et du peu de bonne foi des uns et des autres. Nous aurions pu la réaliser en trois (03) mois au regard de la singularité de notre installation sur cette terre déclassée du tos dans le cadre du projet de l'Autorité pour l'Aménagement de la Vallée du Bandaman (AVB).

NDOUFFOUKANKRO 2Mesdames, messieurs, honorables invités, regroupement sur un même territoire de villages-quartiers ou à la rétrocession du statu de village à chaque quartier. Ces questions devront être abordées en toute maturité, sans exclusion ni passion dans l'intérêt supérieur de notre communauté.

Enfin, la réalité sur les mutuelles de développement : Elles ont constitué dès leur phase de naissance, un champ de luttes fratricides. Ces dissensions ont paralysé le fonctionnement efficient desdites associations au point où, aujourd'hui, elles sont toutes à l'arrêt. Dans ces conditions, comment alors impulser le progrès dans les villages et campements ? Mesdames, messieurs, honorables invités, Je voudrais presser surtout les cadres à se surpasser pour s'unir d'avantage en vue de formaliser et redynamiser les mutuelles conformément aux textes en vigueur en la matière car, en vérité, elles devraient servir de levier à la création de richesse pour le bonheur des populations » a-t-il conclu.

Guillaume Kouamé correspondant régional