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Yamoussoukro
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Yamoussoukro, ville dont la population est estimée en 2010 à 300 000 habitants, dans la région des Lacs, située à 240 kilomètres au nord d'Abidjan, est la capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire depuis 19832, la capitaleéconomique du pays étant Abidjan, ancienne capitale politique.

Elle comptait environ 207 000 habitants en 2014. Il s'agit de la 5e ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire, après Abidjan, Bouaké, Daloa et Korhogo.

La prononciation correcte de Yamoussoukro, utilisée généralement par les Ivoiriens, est « yam-so-kro ». L'on entendra plus rarement « ya-mou-so-kro ». Le second 'u' n'est pas prononcé. 

Situation

Yamoussoukro se situe au centre du pays dans la Région des Lacs, à 248 km d'Abidjan. Elle est située dans un relief plat, recouvert d'une savane arborée et traversée par des cours d'eau dont la Marahoué et le N'Zi, deux affluents du Bandama.

Climat

Yamoussoukro est soumise à un climat équatorial comportant quatre saisons

Longue saison sèche de mi-novembre à mi-mars, caractérisée par la présence, en décembre et janvier, de l'harmattan, un vent sec et puissant venu du Sahara, qui abaisse considérablement l'humidité.
Longue saison des pluies, de mi-mars à mi-juillet
Courte saison sèche de mi-juillet à mi-septembre
Courte saison des pluies, de mi-septembre à mi-octobre
En saison des pluies, il peut pleuvoir sans discontinuer pendant plusieurs jours consécutifs ou alors pleuvoir intensément pendant une heure, période à laquelle succède un très fort ensoleillement.

Les moyennes des quantités de pluie varient de 900 à 1 100 mm par an avec une répartition spatiale très variable dans l’année et d’une année à l’autre. La température moyenne de la région est d’environ 26 °C. L’humidité relative varie entre 75 et 85 % avec des chutes à 40 % en période d’harmattan et se situe entre 80 et 85 % en période pluvieuse.

Éducation

En Côte d'Ivoire, le taux de École est de 74 %47 et l'accès à l'enseignement secondaire est limité par un concours d'entrée en sixième à l'issue duquel 1/3 des élèves est admis à poursuivre ses études.

Le département compte 86 écoles primaires, 9 établissements secondaires, un établissement secondaire technique et un établissement d'enseignement supérieur.

Urbanisme et habitat

La ville est organisée autour de l'axe principal qui conduit vers le nord du pays et autour duquel a été construite la gare routière, laquelle constitue, comme partout en Afrique, un important et très animé lieu de vie de la ville55. Elle comporte à la fois des maisons « en dur », construites en parpaings et recouvertes de toits en « tôle ondulée », et des quartiers organisés selon le système de la « cour » collective autour de laquelle sont construites plusieurs habitations en banco, ce qui respecte l'organisation habituelle et multi-séculaire des villagesafricains et qui sont disséminés dans une végétation luxuriante. Elle comporte également d'immenses boulevards, larges comme des autoroutes et éclairés en permanence, mais souvent désespérément vides, reliant des constructions plus modernes (i.e. construites après 1980) et dont certains se terminent brutalement dans la brousse.

La ville est divisée en 8 quartiers : Assabou, Habitat, Dioulako, Kokrenou, Morofe, N'zuessy, 220 Logements, Énergie

Économie

Secteur primaire

En constituant la source principale de revenus pour la moitié des habitants, l’agriculture constitue l’activité économique la plus importante de la région.

La région comporte des plantations de cacaoyers et de caféiers 4 000 exploitants de café et 5 000 exploitants de cacao ont été recensés dans la région.

L'agriculture locale produit aussi des cultures vivrières : ignames (133 000 tonnes annuelles), des bananes plantains (52 000 tonnes annuellement), du manioc (7 500 tonnes annuellement), du maïs, du riz irrigué et du riz pluvial avec un rendement supérieur au précédent, et qui présente l'avantage appréciable de permettre deux récoltes annuelles. La superficie totale aménagée et rizicultrice en double culture annuelle est évaluée à 2 260 hectares. Le riz constitue l'aliment de base en Côte d'Ivoire mais le pays en est importateur à hauteur de 750 000 tonnes par an.

Yamoussoukro dispose également de cocoteraies dont une partie a été détruite pour bâtir la prestigieuse et gigantesque basilique Notre-Dame de la Paix. Sur le plateau se situe la plantation de manguiers de Kpangbassou.

Différents programmes d'élevage ont permis d’atteindre en l’an 2000 les résultats suivants : 284 fermes d’élevage bovin avec un effectif de 25 000 têtes ; 389 fermes d’élevage ovin avec un effectifs de 17 000 têtes ; 72 élevages de caprins avec un effectif de 850 têtes ; 97 élevages améliorés de porcs avec un effectif de 4 220 têtes ; 44 fermes d’élevage de poulets de chair et 11 d’élevage de pondeuses; 61 apiculteurs qui exploitent 800 ruches

Culture

Édifices religieux

Yamoussoukro abrite un des plus grands lieux de culte chrétien de la planète75, la basilique Notre-Dame de la paix, bâtie sur 130 hectares et dotée de 8 400 m2 de vitraux dont l'un représente le visage de Félix Houphouët-Boigny, de la climatisation, d'ascenseurs tubulaires dans les colonnes, de marbre et de bois précieux. Elle dépasse de 17 m l’original, Saint-Pierre de Rome, et s’élève à 158 m au-dessus de la végétation environnante. Le sol de son parvis est tout en marbre venu d'Italie et elle compte 14 000 m2 de marbre. Avec ses 600 000 m3, elle constitue le plus grand volume jamais sonorisé au monde.

On y accède par une allée de marbre longue de 1 km qui traverse 37 ha de jardins à la française. Elle a été dimensionnée pour accueillir 200 000 personnes, dont 7 000 à l'intérieur et 150 000 sur l'esplanade. Elle a été consacrée par le pape Jean-Paul II le 10 septembre 1990. Cette basilique, que Félix Houphouët-Boigny, face aux critiques suscitées par son édification, disait avoir été « financée sur ses deniers personnels », a été offerte par l'État ivoirien au Vatican qui l'a acceptée. Son extraterritorialité a été inscrite dans la constitution ivoirienne.

La ville compte en outre un temple protestant et une mosquée76 qui ont également été construits à l'initiative de Félix Houphouët-Boigny pour transformer son village natal en symbole de l'œcuménisme officiel. Les travaux de construction de la grande mosquée de Yamoussoukro, commencés en 1963, s'achevèrent en 1968.

Monuments et musées

La ville comporte des constructions grandioses : la Fondation Félix-Houphouët-Boigny, la maison du PDCI-RDA, les diverses écoles de l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny, l'Hôtel de Ville, la Maison des députés, construite en coopération avec la Chine, et enfin le Palais Présidentiel et son lac aux crocodiles. Beaucoup de ces bâtiments se sont détériorés à la fin des années 1990, faute de moyens pour les entretenir en raison de la priorité donnée par l'ancien président, renversé à la Noël 1999 par le seul putsch militaire réussi que le pays ait jamais connu, Henri Konan Bédié, au développement de sa ville natale, Daoukro, mais ils sont appelés à moyen terme à retrouver leur destination initiale, compte tenu du choix fait par le président de la République, Laurent Gbagbo d'accélérer le transfert effectif de la capitale politique dans cette ville et du consensus que suscite désormais ce choix auprès de l'ensemble des forces politiques du pays77.

La ville de Yamoussoukro comporte le musée Adja Swa qui est le plus important du pays après le musée national d'Abidjan : On peut y contempler masques, instruments de musique, statues baoulés et de multiples objets. Il est à noter que les civilisations africaines ont toujours privilégié la fonction à la forme, la beauté n’étant pas recherchée en soi. Ce que les collectionneurs « du nord » appellent « l’art africain », voire les « arts premiers », désigne en fait souvent des objets usuels ou culturels qui, désacralisés ou inutilisés aujourd’hui, sont exposés ou vendus comme pièces de collections.

La ville est dotée d'un centre culturel, le Centre culturel Yaouré.